« Je sais bien que dans le fond, si je me laissais un peu aller, ça finirait par me passionner, mais je ne veux rien qui me passionne, rien. »
La soirée qui débutait, aussi douce et fraîche, qu'elle puisse paraître, ne présageait rien de bon. Je le savais, ou du moins je le sentais, rien ne se passerait comme je le souhaitais, parce que de tout manière, rien ne se passait jamais comme je le prévoyais. Si la musique qui retentissait dans la demeure, déchirait presque mes tympans, je n'avais aucunes envie de m'amuser, ou encore danser. Assise entre deux couples, qui ne cessait de se bécoter, je ne me sentais pas à ma place. Je me retrouvais ici, à cause de ma meilleure amie, qui elle, semblait s'éclater. La jeunesse dorée n'avait jamais été ma tasse de thé. Ses gens étaient égoïstes et assoiffés de pouvoir, il n'était pas capable de voir plus loin que le bout de leur nez. Mais je devais l'avouer, si j'étais ici, ça n'était pas juste, pour Caitlyn. Je redoutais le moment où ses yeux bleus azurs se poseraient sur moi. J'en frémissais d'avance, même si j'avais peur et que la boule au fond de mon estomac, ne cessait de grandir. Mais je restais la petite Haylee, seulement elle. Je n'étais pas spéciale, pour personne, je me contentais de ça, parce que j'étais obligé. Je me sentais comme écraser, on ne me voyait pas, personne ne me voyait jamais. J'avais apprit à m'adapter, à rester seule dans mon coin, à encaisser les questions indiscrètes sur mes parents, trop peu présent. Je ne faisais pas partie ces gens qui avait de l'argent. Ma mère était rarement là, pourtant toujours accompagné de sa bouteille de l'alcool et quant à mon père, il fermait sur les yeux, sur tout. Tout ce qui comptait, c'est que nous aillons, quelques choses à nous mettre sous la dent. Je résistais, peut-être que m'en aller, serait une meilleure solution pour moi.
Je me levais finalement, je voulais de l'air frais, la fumée compressait mes poumons et la vulgarité de ses jeunes gens m'éc½urait au plus haut point. Les Louboutin de Caitlyn à mes pieds, me faisait atrocement mal, faire un pas était un réel calvaire. Mais je devais la prévenir, je m'en allais, je n'étais plus apte à supporter tout ce boucan. Remettant ma veste, je sortis mes cheveux de celle-ci, les faisant tomber en cascade le long de mes fines épaules, je devais rentrer, maintenant.
Je ne sais plus le nombre de fois où je m'étais fait écraser les pieds ou combien de paires de yeux s'étaient posées sur moi. Caitlyn était au bord de la piscine, riant aux éclats, les pieds dans l'eau, accompagné de Alexandre et de Cameron. Mon c½ur en eut un raté, le feu me monta vite aux joues, il était là. Caitlyn releva la tête vers moi et me fit signe de la rejoindre, chose que je fis vite, gardant tout de même la tête baissé. Cameron et moi n'étions pas amis. Même si nous avions les mêmes amis, la même la table à la cafétéria et les mêmes cours, je ne lui avais jamais adressé la parole, trop timide ou trop coincée, je ne saurais pas me qualifier.
« T'étais passée où ? » me demanda Caitlyn. « Je dansais. » Mentis-je. Je ne pouvais pas lui dire que je m'ennuyais, à la fête de l'année, que l'anniversaire de Alexandre -personne que je connaissais que de vue- ne m'éclatait pas, et que tout ce que je voulais, c'était m'en aller. Je me serais prise la honte de ma vie et aurait été la fille rabat joie, faire semblant de m'amuser était devenu une habitude.
« J'ai reçu un appel de ma mère, je vais devoir y aller. »
« Quoi déjà ? La fête vient tout juste de commencer ! Il n'est même pas minuit passé ! »
« Désolée. » Répondis-je intimidée. « Tu vas rentrer comment ? Y a un bout de chemin à faire, tu sais. Tu veux que j'appelle un taxi ? »
Non, il en était hors de question, j'avais les poches vides. Et le lui dire, serait lui prouver que ma vie était encore plus misérable que ce qu'elle n'étais déjà. J'ordonnais à mon cerveau, de réfléchir, plus vite que ça. Je devais trouver une excuse, à tout prix. Mais quoi ? J'en avais déjà tellement sorti, que maintenant, tout ça me paraissait tellement difficile. Je sais qu'elle finirait par savoir, que je suis encore plus pauvre que ce qu'elle pense, mais je ne voulais pas qu'elle découvre tout de suite. Je voulais être sa meilleure amie, encore un bout de temps.
« J'ai besoin d'air frais. Je vais rentrer à pied. »
« Ta bu ? »
« Non, pourquoi ? » Répondis-je interloquée. « Tu vas pas faire dix kilomètres à pied ? »
« Si, ça me dérange pas, t'en fais pas pour moi. » Je mentais, tout le temps. Mais je voulais me protéger, la plaie sur mon c½ur étais déjà assez ouverte, il en faudrait peu, pour m'achever, complètement. Contre toutes attentes, Cameron sorti de l'eau, passant une main dans ses cheveux dégoulinant. Gênée de fixer son corps de cette manière, je tourna de nouveau la tête, mais je sentais son regard se poser sur moi, interloqué par mon comportement.
« Je vais la ramener. »
« Je ... Non. Mer.. Merci. Ça va aller. »
« Arrête de faire ta timide. » M'ordonna -presque- Caitlyn. « Écoute, je vais aller me rhabiller, attend moi là. » Me lança Cameron.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .